Prosecco Superiore: aérien, mais bien ancré dans la terre

Prosecco Superiore, d’air et de terre

Le prosecco est la boisson tout indiquée pour l’été, quand le besoin de légèreté se fait sentir, mais ça ne l’empêche pas d’être agréable à longueur d’année. Après tout, on a toujours besoin d’un petit vent de légèreté. C’est peut-être ce qui explique l’immense popularité de ce vin effervescent italien quelques fois centenaire. Depuis quelques année, on le voit partout! Et pour cause: la zone de production de la DOC Prosecco a été multipliée par quatre depuis une dizaine d’années et s’étend aujourd’hui sur un peu plus de 20 000 hectares. L’année dernière seulement, cette vaste région viticole située au nord-est de l’Italie, entre les villes de Vicence et de Trieste, a vendu un peu plus de 300 millions de bouteilles!

De quoi étancher la soif des consommateurs locaux, mais surtout des étrangers, puisque 70 % de la production est destinée aux marchés d’exports. On les comprend: il est facile de succomber au fruité charmeur de ce vin effervescent, qui doit son originalité au cépage glera, autrefois nommé prosecco, vinifié selon la méthode charmat, qui implique une seconde fermentation en cuve close – plutôt qu’en bouteille, comme on le fait en Champagne.

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Derrière son apparente simplicité, le prosecco peut donner des vins complexes, surtout ceux produits sur le cœur historique de l’appellation, entre les villes de Conegliano et Valdobbiadene. D’abord, les vignobles de cette zone vallonnée, promue en 2009 au rang de DOCG – la plus prestigieuse des dénominations viticoles italiennes – sont essentiellement plantés à flanc de coteaux et en terrasses, permettant des rendements plus faibles. Les vignes de la DOCG sont aussi significativement plus âgées et la diversité du matériel génétique nettement supérieure, fruit d’une sélection massale pratiquée depuis quelques siècles sur le glera et autres cépages autorisés (jusqu’à 10 %) dans l’assemblage, comme les Verdiso, Bianchetta et Perera.

Un climat unique

Le vignoble de l’appellation Conegliano–Valdobbiadene Prosecco Superiore s’étend d’est en ouest, entre la mer Adriatique et les Dolomites et bénéficie d’un climat tempéré. Les précipitations sont fréquentes et la région reçoit en moyenne 1250 mm de pluie par année, mais une ventilation constante permet aux raisins de sécher rapidement, limitant ainsi les risques de maladies et de pourriture. Nul doute, le cépage glera, dont on dit qu’il est sensible au mildiou et à l’oïdium, de même qu’à la sécheresse estivale, a manifestement trouvé un terrain de jeu rêvé sur ces collines verdoyantes.

Par ailleurs, comme elles sont positionnées sur un axe est-ouest, les collines ont un versant exposé plein sud, offrant aux vignobles la meilleure exposition possible au soleil. L’altitude, qui oscille entre 100 mètres à 500 mètres, accentue pour sa part l’écart thermique entre le jour et la nuit, ce qui favorise le développement d’arômes plus complexes et nuancés.

Une complexité bien ancrée dans la terre

Guère plus d’une quarantaine de kilomètres séparent Valdobbiadene, à l’ouest, et Conegliano, à l’est, mais la composition des sols varie considérablement d’un vignoble à l’autre. Le relief est beaucoup moins accidenté à l’est qu’à l’ouest, où les pentes abruptes nécessitent de longues heures de travail manuel. Valdobbiadene repose sur des sédiments marins anciens, veinés d’alluvions et de grès, tandis qu’à Conegliano, les sols sont riches en argile et en alluvions, issus de dépôts glaciaires. Le premier donne des vins fins et délicats, aux parfums floraux caractéristiques, le second, des vins effervescents pleins, structurés et généreusement fruités.

Le vignoble de Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore couvre quelque 7200 hectares. Les domaines peuvent choisir de n’inscrire sur l’étiquette qu’un seul des deux noms qui composent l’appellation – Conegliano et Valdobbiadene – ou tout le deux.

Poussant l’ambition un cran plus loin, le Consorzio a par ailleurs mis en place un système de classification qui regroupe 43 crus, nommés localement « Rive », qui signifie « pente abrupte» en dialecte vénitien. Les vins issus de ses microclimats sont issus de rendements plus limités, les raisins doivent être récoltés à la main et les bouteilles doivent porter la mention du millésime.

[Crédit photo : John Szabo, MS (Re-)Discovering Prosecco di Conegliano Valdobbiadene]


 

EU

Le Consorzio a lancé une campagne pour l’inscription des collines de Conegliano et Valdobbiadene au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. En plus de conférer à la région un aura de prestige, cette reconnaissance agirait comme une protection officielle pour ces paysages d’une beauté spectaculaire.



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