Un scotch de femme, hein ?

Hors des sentiers battus
par Marc Chapleau

Marc Chapleau

Marc Chapleau

Notre site s’appelle Chacun son Vin mais cela ne veut pas dire qu’on ne triche pas, de temps à autre. De toute manière, il est bien évident qu’aimer le vin, c’est sinon aimer aussi la bière et les spiritueux, du moins ne pas rester complètement insensible, quand une belle offrande liquide et alcoolisée se présente à nous.

Voilà en tout cas la grâce que je vous souhaite. Une bonne IPA, une sublime grappa, un vieil armagnac…

Je n’allais pas oublier le scotch, que les amateurs du genre se rassurent. C’est juste que j’entretiens une relation un peu spéciale avec ce dernier. En fait, pour tout dire, je suis plus du type « eau-de-vie blanche ». La grappa dont je parlais à l’instant, ainsi que les eaux-de-vie de fruit alsaciennes, par exemple.

Mais je demeure curieux, de nature et par culture. Ainsi, quand un bon scotch atterrit en face de moi, un certain frémissement me parcourt l’échine. Miam : de nouvelles odeurs, de nouvelles saveurs, une nouvelle texture aussi sûrement, pour ça je suis toujours partant.

La seule chose qui me débecte, ce sont les whiskys, écossais souvent, très fortement goudronnés et créosotés. Qui donnent l’impression d’être pris par les pieds et pendu la tête en bas dans le tuyau de la cheminée de poêle, après trois ou quatre mois de chauffe… « Allô, la Terre appelle Ardbeg, allô ? » (Ardbeg — le 10 ans notamment — est l’un des scotchs les plus créosotés qu’il m’ait été donné d’approcher. Le plus déroutant, c’est qu’il sent la suie, le goudron, le « noir » mais il est parfaitement blanc, transparent, incolore, pour un peu on dirait de l’eau. Le traître, qui nous prend par surprise…)

Le Guide Hachette des Whiskies

Misère ! Comment un être décent et normalement constitué peut-il aimer ça ?

Car mon truc à moi, je l’ai appris l’autre jour alors que je dégustais avec des experts en la matière, c’est le scotch… de femme.

Je ne sais pas si ces derniers pensaient que j’allais rougir. Ou me rétracter. Sauf qu’il en faut plus pour m’ébranler, mes gaillards.

Va donc pour le « scotch de femme », pas de trouble.

Un Cardhu ou un Glenfiddich 12 ans font effectivement tout à fait mon bonheur. Des trucs lisses et sans aspérités, qui coulent, sans couilles…

M’en fous : encore une fois j’assume pleinement ce côté féminin, cette anima, comme dirait Carl Jung.

Voilà, c’est dit, je suis sereine, maintenant😉

~

À boire, aubergiste !

Avant de picoler, un mot sur le nouveau Guide Hachette des Whiskies, paru à la fin de l’année dernière sous la plume de Martine Nouet, rédactrice en chef pendant six ans de Whisky Magazine France.

Un bel ouvrage, plutôt complet et surtout très accessible, sans approche ni vocabulaire trop alambiqués (!).

Notes de dégustation, historique, conseils de service et de conservation, brève présentation des principales distilleries : le compte y est et le graphisme, la mise en pages, est à la fois aérée et invitante. Un excellent ouvrage d’introduction.

À noter, avant de passer aux suggestions de la semaine, qu’au Québec, à la SAQ et au rayon des spécialités, les ventes de scotchs ont progressé de 12 pour cent l’an dernier, alors que celles des whiskies toutes origines confondues (Écosse, Irlande, Canada, Japon, etc.) ont pour leur part bondi de 42 pour cent.

Scotch is in the air…

Speyburn 10 ans Highlands Single Malt — Complexe au nez, herbacé et vanillé, finement épicé également ; le caractère tourbé ressort en bouche mais sans excès, la texture est grasse. Persistance notable.

Ancnoc 12 ans Highland Single Malt — Prononcer a-noc. Résolument tourbé au nez, épicé, de la finesse en bouche, caractère élégant.

Speyburn 10 Year Old Highland Single Malt Scotch Ancnoc 12 Year Old Single Malt Scotch Whisky Glenfarclas 25 Year Old Highland Single Malt Chic Choc Spiced Rum

Glenfarclas 25 ans Highland Single Malt — Excellent scotch, complexe et profond, vanillé (fût de xérès), finale tourbée et finement créosotée, je le reconnais volontiers. Cher, mais exceptionnel.

Domaine Pinnacle Chic Choc Rhum Épicé Un rhum aromatisé élaboré par la microdistillerie du domaine Pinnacle, basée à Cowansville, dans les Cantons de l’Est. Couleur ambrée, et odeur rappelant d’entrée de jeu le Egg Nog – la muscade, la cannelle. En bouche, cette eau-de-vie titrant 42 pour cent révèle des saveurs à la fois enrobées et épicées. Assez agréable à boire seul, pour lui-même, rafraîchi – bien qu’on puisse bien entendu aussi le préparer en cocktail.

Ijalba Rioja Reserva 2011 — On se trompe rarement avec la bodega Ijalba, qui élabore des riojas de facture moderne sans pour autant être racoleurs. Avec juste ce qu’il faut de bois, de tannins et d’amertume. En prime, telle une trame sous-jacente, on détecte un côté pierreux et agréablement asséchant, qui donne à penser qu’il s’agit d’un peu de minéralité.

Newen Reservado Malbec 2015 — Costaud et enrobé, la concentration est notable, l’empreinte boisée aussi, mais l’acidité aussi est là, qui tonifie le vin, lui donne de l’allant. Une réussite argentine signée Bodegas Del Fin del Mundo et supervisée par les bons soins de Michel Rolland, le célèbre consultant bordelais.

Ijalba Reserva 2011 Newen Malbec Reservado 2015 De Sousa & Fils Cuvée 3A Champagne

De Sousa Cuvée 3A Champagne Grand Cru — Un champagne bio vif et tendu, bien sec également. Au nez, on perçoit des notes de levures ainsi qu’un engageant côté madérisé. Rien de franchement brioché ou beurré par ailleurs, plus marqué par des notes d’olive verte. Excellent !

Château Vignelaure 2010 Coteaux d’Aix-en -Provence — Quel beau vin ! Corsé, savoureux, avec de la profondeur. Assemblage de cabernet-sauvignon (2/3) et de syrah (1/3). La générosité méridionale et une certaine droiture, du nerf, apportée par le cabernet. Déjà très bon et relativement souple, et se gardera aisément un bon trois ou quatre ans.

Château Vignelaure 2010 Château Mont Redon Lirac Blanc 2014 Imperial Gran Reserva Rioja 2009

Château Mont-Redon Lirac blanc 2014 Un vin savoureux, corsé et généreux, qu’une belle acidité vient rehausser. Un blanc à servir assez frais (7-8 C) et à réserver pour la table, par exemple avec des moules – marinières ou autrement apprêtées, par exemple au cari. Très bon rapport qualité-prix (23 $).

Imperial Gran Reserva Rioja 2009 —Puissant, généreux, charmant. Et profond, qui plus est ! Et suave, tout en élégance ! Et avec ce boisé typique du Rioja, avec des notes rancio également. Le tout sur une trame fondue, indiquant que le vin est prêt à boire bien qu’il pourrait être conservé sans problème quelques années. Prix ( 51 $) justifié.

À bientôt !

Marc

Note de la rédaction: vous pouvez lire les commentaires de dégustation complets en cliquant sur les noms de vins, les photos de bouteilles ou les liens mis en surbrillance. Les abonnés payants à Chacun son vin ont accès à toutes les critiques dès leur mise en ligne. Les utilisateurs inscrits doivent attendre 60 jours après leur parution pour les lire. L’adhésion a ses privilèges ; parmi ceux-ci, un accès direct à de grands vins!


Publicité

Wolf Blass Gold Label Shiraz


Recent Posts: