Les choix de Nadia – Novembre 2015

Soif de savoir
par Nadia Fournier

Nadia Fournier

Nadia Fournier

Chaque année, avant d’entrer dans le vif de la production du Guide du vin, je voyage un peu et je lis beaucoup. Je dévore tout ce qui s’écrit sur l’actualité du vin. Je découvre les nouvelles publications de mes auteurs favoris et revisite les ouvrages intemporels avec lesquels j’ai fait mes premiers pas dans ce monde fascinant.

Chaque année aussi, au hasard des salons des vins, vous êtes nombreux à me confier que vous souhaitez parfaire vos connaissances et approfondir votre savoir dans le domaine du vin. La question qui suit la confidence est presque toujours la même : « par où est-ce que je commence? »

Viennent ensuite : « Quels livres devrait-on lire? Faut-il absolument suivre un cours de sommellerie ? » Et, celle qui, à ma grande surprise, revient le plus fréquemment : « Est-ce à la portée de tous? »

La réponse : bien sûr que oui!

« Z’avez qu’à déguster », comme dirait l’autre. Crachoir et carnet de note à l’appui, si je peux me permettre. Sinon, c’est moins sérieux. D’abord parce qu’on oublie facilement, mais surtout parce que le fait d’écrire nous oblige à mettre en mots les sensations perçues. Donc prenez des notes, même si ça parait laborieux et que ça ne vous dit pas toujours, même si ça vous donne des airs de premier de classe, même si…

Bien se documenter sur les régions viticoles qu’on aborde aide aussi beaucoup à mieux comprendre le style de tel ou tel vin. Au fil des lectures, on s’interroge, on se remet en question, on saisit mieux l’essence du vin et nos propres goûts, accessoirement. Avec un peu de chance, on trouve même des réponses parfois.

Pour vous, chers lecteurs assoiffés de savoir, voici quelques suggestions de livres à dévorer d’un couvert à l’autre ou à feuilleter, au gré des dégustations et des découvertes de nouveaux horizons. Des cadeaux à s’offrir ou à se faire offrir par vos proches qui n’en peuvent déjà plus de vous entendre parler de vin.

Ça tombe bien, les Fêtes approchent… 

POUR DÉCOUVRIR : 

LES RÉGIONS VITICOLES
L'Atlas mondial du vin – 7e édition
L’Atlas mondial du vin – 7e édition
Publié pour la première fois en 1971, L’Atlas mondial du vin du Britannique Hugh Johnson a donné la piqûre à des millions de lecteurs, dont je suis. Traduit en plusieurs langues et maintes fois réédité, cet ouvrage unique fait autorité tant auprès des amateurs que des professionnels, ne serait-ce que par la précision et la qualité de ses cartes géographiques. Depuis la cinquième édition, Hugh Johnson s’est assuré la collaboration de Jancis Robinson, l’une des écrivains les plus prolifiques et elle-même auteur de nombreux livres importants, notamment la titanesque Encyclopédie du vin. La septième édition est totalement remise à jour, enrichie de nouvelles cartes – le livre en compte 215 au total – et demeure LA référence indispensable à tout amateur.
Hugh Johnson, Jancis Robinson, Broquet, 2014, 400 pages, 49,95 $ 

OU LES CÉPAGES
Wine Grapes
Wine Grapes
Fruit des efforts collectifs des journalistes et auteures britanniques Jancis Robinson et Julia Harding accompagnées de José Vouillamoz, botaniste suisse spécialisé en génétique des cépages, cet opus que certains geeks surnomment « la bible des cépages » a créé une petite commotion dans le monde du vin dès sa sortie. Wine Grapes n’est pourtant pas le premier livre traitant d’ampélographie, la science qui étudie la vigne. Mais contrairement à leurs prédécesseurs, les auteurs de Wine Grapes ont pu compter sur des technologies avancées pour examiner la vigne sous un angle nouveau. Leur étude, étayée sur des analyses d’ADN, dresse un portrait exhaustif de la biodiversité viticole et répertorie 1380 cépages vitis vinifera. Publié exclusivement en anglais pour le moment, ce pavé de près de trois kilos a permis de réfuter plusieurs croyances quant aux origines réelles de certains cépages.

Le livre raconte aussi les différentes migrations des cépages pendant la colonisation du Nouveau Monde et nous conduit jusqu’aux plus lointaines ou profondes racines de la viticulture, dans le sud-est de la Turquie. Un ouvrage un peu pointu certes, mais toujours fascinant à consulter.

Jancis Robinson, Julia Harding, José Vouillamoz, ECCO PRESS, 2012, 1242 pages, 185,00 $ 

Une histoire mondiale du vinPOUR LE FÉRU D’HISTOIRE

Une histoire mondiale du vin – De l’Antiquité à nos jours

Le vin fait partie de l’héritage culturel des peuples. Traduit en français et publié en format de poche, un merveilleux ouvrage à ranger parmi les grands classiques. Avec son style inimitable et très vivant, Hugh Johnson retrace l’histoire du vin et la création des grands crus au fil des siècles. Passionnant comme un roman.
Hugh Johnson, Hachette, Collection Pluriel, 1990, 684 pages, 22,95 $. 

POUR LE NÉOPHYTE

Le vin en 30 secondes

Le vin en 30 secondesLa vaste collection 30 secondes (religions, Rome Antique, Shakespeare, psychologie, politique, théories économiques, etc,) s’enrichit d’un ouvrage sur le vin. Sous la direction de Gérard Basset, meilleur sommelier du monde en 2010, ce livre offre un survol de la plupart des aspects du vin, décortiqués et résumés en plus ou moins 300 mots. Britannique d’origine française, Basset propose des lexiques et des explications concises pour mieux comprendre la viticulture et l’élaboration des différents types de vin, un survol des cépages et appellations les mieux connus, des précisions sur le dioxyde de soufre, l’histoire du vin, la dégustation, la santé, etc. En plus de quelques portraits d’acteurs majeurs du monde du vin. Un très bel ouvrage de vulgarisation.
Gérard Basset OBE, Hurtubise, 2015, 160 pages, 21,95 $. 

POUR APPRENDRE EN S’AMUSANT

Les Incollables – VinLes Incollables – Vin
Un jeu-questionnaire sur le vin concocté par l’illustre sommelière Véronique Rivest, dans la collection Les Incollables. On y trouve autant de questions historiques et culturelles que techniques. Une très bonne idée de cadeau pour les amateurs de vin qui souhaitent parfaire leurs connaissances générales.
Véronique Rivest, Caractère, 2014, 14,95 $ 

OU SUR LES BANCS D’ÉCOLE 

Ateliers SAQ par l’ITHQ
À compter de janvier 2016, la SAQ, en collaboration avec l’ITHQ (Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec), offrira sept cours dédiés au monde des vins et des spiritueux. D’abord un cours d’initiation à la dégustation du vin, nommé Vins 101, de même qu’une série de cours thématiques (cépages, vins de France, vins d’Italie, bulles, etc.) qui se tiendront à Montréal, Québec, Laval, Longueuil, Trois-Rivières, Sherbrooke, Gatineau et Sainte-Adèle. Ce nouveau volet éducatif comporte aussi des ateliers d’accords vins et mets, qui seront offerts exclusivement à Montréal, ainsi que des ateliers privés pour les groupes de particuliers et pour les entreprises. 

La pratique maintenant ! 

De Bordeaux à l’Afrique du Sud, avec un petit détour par les îles méditerranéennes – et pas juste parce c’est joli – une poignée de bons vins pour élargir vos horizons (non pas que je les crois limités) et mettre les acquis en pratique. Parce que la pratique, quand il est question de vin, c’est tellement agréable! 

Propriété du groupe Taillan (Châteaux Ferrière, Gruaud-Larose, Chasse-Spleen et Haut-Bages-Libéral), ce cru bourgeois situé près de Margaux est lui aussi administré par Céline Villars. En 2005, on a produit un excellent second vin sous l’étiquette Moulins de Citran. Parfaitement ouvert et prêt à boire, mais pas fatigué pour autant. À boire au cours de la prochaine année. (27,75 $) 

Tout au nord, dans la magnifique région d’Alsace, la famille Barthelmé produit le Pinot Gris 2012 Cuvée Albert (28 $), issu de vignes âgées de près de 40 ans, conduites en agriculture biologique. Aucune lourdeur malgré un reste de sucre, mais une texture grasse et rassasiante. Le vin idéal pour accompagner les fromages puissants et coulants.

Château Citran Moulins de Citran 2005 Domaine Albert Mann Pinot Gris Cuvée Albert 2012 Domaine Ferrer Ribière Les Centenaires 2013 Altaroses Joan d'Anguera Montsant 2013

Nettement plus jeune, vigoureux et enveloppé de tanins mûrs, le Carignan 2013, Les Centenaires de Denis Ferrer et de Bruno Ribière est issu, comme son nom l’indique, de vignes centenaires de carignan. Un très bel exemple de la générosité contenue des meilleurs vins des Côtes Catalanes. (19,85 $)

De l’autre côté des Pyrénées, la région de Montsant ceinture le Priorat et ses vins sont souvent des alternatives économiques à ceux de son illustre voisin. En prenant la relève du domaine familial, Joan et Josep d’Anguera ont converti le vignoble à la biodynamie et progressivement délaissé la syrah au profit de la garnatxa (grenache). L’Altaroses 2013, Montsant (21,90 $) illustre à merveille le nouvel esprit du domaine. Un grenache d’une grande « buvabilité », ce qui n’est pas le cas de tous les vins produits dans cette région espagnole.

La majorité des cépages de la Sardaigne sont originaires d’Espagne. Ça s’explique assez facilement quand on sait que l’île, aujourd’hui italienne, était sous la juridiction du royaume d’Aragon pendant près de quatre siècles, de 1323 à 1720. Force majeure du vignoble sarde, la maison Argiolas met uniquement à profit ces cépages « locaux ». Le Costera Cannonau di Sardegna 2013 est composé de cannonau (grenache), de bovale sardo (graciano) et de carignan. Encore très jeune, il offre beaucoup pour le prix. (18,90 $)

Toujours au cœur de la Méditerranée, mais un peu plus à l’est, sur l’île de Santorin. Si vous croyez que tous les blancs se ressemblent, il vous faut absolument goûter les assyrtikos d’Harydimos Hatzidakis, particulièrement la cuvée Mylos 2014, Santorin. Un vin d’une envergure immense qui ne cesse d’évoluer dans le verre. N’hésitez pas à l’aérer longuement en carafe. 12338834   (45,50$)

Argiolas Costera 2013 Ktima Hatzidakis Assyrtiko de Mylos 2014 Secateurs Badenhorst Chenin Blanc 2013 Klein Constantia Vin de Constance 2009

Quelques dizaines de milliers de kilomètres plus au sud, le cépage chenin blanc a été implanté dès le 17e siècle par les huguenots qui trouvèrent refuge en Afrique du Sud. Élaboré dans le même esprit de légèreté et de buvabilité que le Red Bend de la gamme Sécateur, le Chenin blanc 2014 d’Adi Badenhorst est l’un des bons vins blancs sud-africain sur le marché. Une belle porte d’entrée pour saisir le potentiel de la région viticole de Swartland.  (18,05 $) 

Enfin, terminons ce tour d’horizon sur une note sublime avec le Klein Constantia, Vin de Constance 2009. En reprenant ce domaine historique en 1980, la famille Jooste a fait revivre ce vin légendaire dont raffolaient les riches et les puissants d’Europe aux XVIIIe et XIXe siècles, jusqu’à ce que le phylloxéra mette fin à sa production. Toujours issu à 100 % de muscat à petits grains et doté d’une richesse exceptionnelle, le 2009 est un vin hors du commun. Une bouteilles unique, à goûter au moins une fois dans une vie. (65,50 $ – 500 ml)

À la vôtre!

Nadia Fournier

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