Soif d’ailleurs avec Nadia – Du privé et de la générosité

par Nadia Fournier

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Nadia Fournier

Cette semaine, bien peu inspirée que je suis par l’arrivage Cellier Halloween – 10 produits à découvrir pour vos soirées costumées – j’ai préféré vous parler d’importations privées et de générosité.

Commençons par les importations privées. C’est d’actualité puisque le Salon VIP 2015 du Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées des alcools et des vins (RASPIPAV) se tient aujourd’hui à Québec et du 31 octobre au 2 novembre à Montréal, au Marché Bonsecours.

Le salon sera ouvert au public les samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre et réservé aux professionnels de l’industrie, le lundi 2 novembre. Le chef Normand Laprise, porte-parole de l’évènement pour la seconde année consécutive, sera présent aux côtés de plus de 150 vignerons dont :

Pascal Collotte. Bordeaux (Rive-Droite)
Richard Bastien. Domaine Henri Richard, Bourgogne
Jean Montanet. Domaine de la Cadette, Bourgogne
Bruno Ciofi. Domaine de la Pinte, Jura
Virginie Joly. La Coulée de Serrant, Loire
Emma et Philippe Bordes. Domaine Bordes, Saint-Chinian
Emanuel Pageot. Domaine Turner Pageot, Languedoc
Loïc Roure. Domaine du Possible, Roussillon
Alain Carrère. Domaine de Majas, Roussillon
Simone Roveglia. Cento Filari, Piémont
Emmanuelle Buganza. Azienda Agricola Renato Buganza, Piémont

À noter que, cette année encore, les consommateurs pourront acheter des bouteilles à l’unité, plutôt qu’à la caisse, comme le veut habituellement la réglementation. La livraison pourra s’effectuer gratuitement dans une succursale de la SAQ ou directement au domicile de l’acheteur, par Postes Canada.

Vraiment, il n’y a plus aucune excuse pour s’en priver!

Le vin comme vecteur de générosité

Les 30 et 31 octobre, se tiendra aussi à Montréal la 14e édition de Montréal Passion Vin, que plusieurs considèrent désormais l’évènement-phare de l’année en matière de vin. À juste titre, Montréal Passion Vin est considéré comme l’un des rendez-vous majeurs sur la sphère viticole. Chaque année, les producteurs invités ne tarissent pas d’éloges tant sur la qualité de l’organisation et du service, réglés à la perfection comme une horloge suisse, que sur l’envergure et la rareté des bouteilles qui sont ouvertes, humées et décantées par un bouquet de sommeliers de renom, dans les coulisses du Hilton Bonaventure.

Mais au-delà de la collection exceptionnelle de vins fins qui ont été mis à l’honneur depuis la première édition, en 2002, Montréal Passion Vin est avant tout une œuvre caritative dont les bénéfices sont versés à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Les billets coûtent cher – 2500 $ pour le forfait de deux jours incluant sept séances de dégustation, animées par Michel Phaneuf et Véronique Rivest, et le banquet de clôture – mais ça ne semble pas freiner la générosité des participants qui, entre 2007 et 2011, auront contribué à hauteur de 8 millions de dollars à la mise sur pied d’un Centre d’excellence en thérapie cellulaire, inauguré en 2013. À lui seul, l’encan mené lors du diner de clôture, conduit avec un dynamisme et une énergie incomparables par Patrice L’Écuyer, génère annuellement un peu plus d’un million de dollars.

Depuis 2012, l’événement soutient le financement d’un futur Centre intégré en cancérologie, un « complexe plénier qui regroupera toutes les activités d’oncologie dans un même environnement clinique de pointe et qui deviendra l’unique pôle régional en cancérologie pour la population de l’est de Montréal. »

Au programme cette année :

– Une verticale de la cuvée de Champagne Cristal de Roederer (2006, 2005, 2004, 2002, 2000 et 1999) avec Frédéric Rouzaud.

– Quelques millésimes de la Cuvée Réservée Rouge du Domaine du Pégau à Châteauneuf-du-Pape (2012 et 2010) et de la Cuvée Laurence rouge (2011 et 2008). Le tout présenté par Laurence Féraud et accompagné par la cuisine de Claude Pelletier, copropriétaire des restaurants Club Chasse et Pêche, Le Filet, et Le Serpent.

– Une verticale de Brunello di Montalcino (2010, 2004, 1997) et Brunello di Montalcino Riserva (1990, 1977, 1968) de la maison Col d’Orcia, présentés par le Comte Francesco Marone Cinzano.

– Une verticale de Vieux Château Certan (2009, 2006, 2005, 1998), sous le regard bienveillant d’Alexandre Thienpont, qui est aux commandes de la propriété familiale de Pomerol.

– Une série de crus prestigieux de la maison Jean-Claude Boisset, présentés par l’œnologue Grégory Patriat. Beaune Premier Cru Les Vignes Franches blanc 2012, Puligny-Montrachet Premier Cru Les Perrières 2011, Corton-Charlemagne 2011, Clos de la Roche Grand Cru 2012, 2011 et 2008.

– Les somptueux Barolo de la maison piémontaise Ceretto : Barolo 2010, Barolo Bricco Rocche 2008, Barolo Cannubi San Lorenzo 2005 et Barolo Brunate 1999

– Une verticale de Château Troplong Mondot (2011, 2010, 2006, 2004, 1998), promu au rang de Premier Grand Cru Classé en 2006, présentée par monsieur Xavier Pariente.

Revenons sur terre maintenant…

Jean Claude Boisset Bourgogne Les Ursulines 2013 Jean Claude Boisset Chorey Les Beaune 2011À défaut de grands crus, on pourra se consoler à prix doux avec ces deux vins de la gamme Jean-Claude Boisset Signature. Élaborés par Grégory Patriat, qui s’approvisionne chez des producteurs choisis méticuleusement et élabore avec doigté, des vins qui mettent en relief les multiples facettes du terroir bourguignon. À commencer par le Chorey-lès-Beaune 2011, tout en délicatesse et en fruit, quoique assez charnu pour un vin d’appellation secondaire de la Côte de Beaune. Très bon achat. À carafer une petite demi-heure, idéalement. (29,90 $)

Bien que plus modeste, le Pinot Noir 2013 Les Ursulines de Boisset compte encore parmi les rouges génériques les plus complets sur le marché. Fougueux, avec un grain serré et un goût de fruits rouges très séduisant. Encore jeune; la carafe est recommandée. (23,70 $)

D’un domaine réputé de la Côte de Nuits, admirablement géré par Patrice Ollivier, le Marsannay 2011, Les Favières de Fougeray de Beauclair s’ouvre sur des parfums de fruits rouges bien mûrs et de délicates odeurs de sous-bois. Savoureux et séveux, avec une texture suave et juste ce qu’il faut d’aspérités pour créer de la fraîcheur. Beaucoup de plaisir pour le prix. (31,50 $) 

À la hauteur de la réputation de Pierre Gaillard et de l’excellente presse du millésime 2013 dans le nord du Rhône, le Côte-Rôtie 2013 est juteux et profond, coloré et surtout complexe, large et profond en bouche. À boire entre 2018 et 2023. (67,25 $) 

Pierre Gaillard s’est aussi uni à Yves Cuilleron et François Villard pour recréer le vignoble de Seyssuel, un morceau de patrimoine viticole situé au sud de Lyon et datant de l’époque romaine. Les vins sont commercialisés sous la marque Vins de Vienne.

 Le Sotanum 2011 était particulièrement ouvert et volubile lorsque goûté en août dernier. Même si sa texture soyeuse et ses parfums expansifs offrent un plaisir immédiat, il devait encore gagner en nuances d’ici 2017. Un vin de table dont l’envergure est comparable à de celle de bons Côte-Rôtie. (60,75 $) 

Domaine Fougeray de Beauclair Marsannay Les Favières 2011Pierre Gaillard Côte Rôtie 2013 Les Vins de Vienne Sotanum 2011Col D'orcia Brunello di Montalcino 2008

Pour un autre aperçu de ce qui sera servi à Montréal Passion Vin, le Brunello di Montalcino 2008 du domaine Col d’Orcia est le fruit d’une grande année à Montalcino. Situé au sud de l’appellation, face à Argiano, Col d’Orcia est le troisième en importance de l’appellation. Un excellent vin de facture classique, soutenu par des tanins encore assez fermes et juste assez granuleux pour donner du relief en bouche. Déjà prêt à boire et jusqu’en 2018. (50 $)

Imperméable au vent de modernisme qui a gagné Montalcino depuis une dizaine d’années, Barbi, le domaine de la famille Colombini, continue de produire des Brunello dans un esprit traditionnel et dépouillé, qui contribue à leur singularité. Les saveurs du Brunello di Montalcino 2008 Vigna del Fiore montrent une certaine évolution (champignons porcini séchés, fruits secs), mais le vin a encore beaucoup de mâche en réserve. À boire sans se presser jusqu’en 2020. (64,75 $)

Fattoria dei Barbi Vigna del Fiore Brunello di Montalcino 2008Sandrone Luciano Dolcetto D'alba 2013Pio Cesare Oltre 2011Lungarotti Rubesco Monticchio 2008

Dans la région du Piémont, la famille Sandrone a pris le meilleur de 2013, un millésime frais, et n’a pas essayé de trop en faire. On les en remercie et on savoure avec bonheur ce vrai bon Dolcetto d’Alba 2013, élaboré avec doigté et dépourvu de tout artifice. Sphérique et tapissé de tanins soyeux. Un vrai régal et un achat d’enfer. (23,20 $) 

Bon vin de facture moderne, issu d’un assemblage de nebbiolo et de barbera, complétés d’une petite proportion de cabernet sauvignon et de merlot, le Oltre de Pio Cesare est étonnamment plus ferme en 2011, pourtant un millésime de chaleur. Solidement constitué, mais déjà accessible, à boire au cours des 3-4 prochaines années. (27,35 $)

Enfin, plus au sud, en Ombrie, la famille Lungarotti continue de privilégier une élégance à l’ancienne plutôt que la puissance des vins modernes. Référence à Torgiano, le Rubesco Vigna Monticchio peut être tout à fait exceptionnel dans les meilleures années. Longuement mûri en bouteille, le 2008 est maintenant prêt à être apprécié. Accents de sous-bois, de cuir, de fruits secs et de champignon, portés par des tanins soyeux, polis par les années. À boire d’ici 2018. (44,75 $)

À la vôtre!

Nadia Fournier

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