Je suis… AntiOx

Hors des sentiers battus
par Marc Chapleau

Marc Chapleau

Marc Chapleau

Je suis évidemment aussi Charlie, puisqu’il serait de toute manière du plus mauvais goût que je ne le sois pas. Mais comme il est ici, sur ce blogue, surtout question de vins, de cépages, de terroir et de tout le tintouin, je m’en tiens aujourd’hui à proclamer mon attachement au nouveau bouchon anti-oxydation de la firme espagnole Pulltex – la même qui nous avait donné voilà une quinzaine d’années le Pulltap’s, le tire-bouchon à double levier depuis devenu la norme.

En un mot comme en cent, ça marche, ce bidule !

Et la beauté de l’affaire, c’est qu’on n’a qu’à enfiler le bouchon révolutionnaire sur le goulot avant de ranger le vin debout au frigo, et le tour est joué. Pas besoin de pomper ou de vaporiser à l’aide d’une aiguille creuse un jet de gaz jusqu’à la surface du vin. Le filtre au charbon actif incorporé dans l’AntiOx fait le boulot tout seul.

Dieu sait pourtant qu’ils avaient affaire en ma personne à un sceptique… Je parle de ceux qui m’ont fait parvenir le truc en question pour que je le teste. Je me suis en effet toujours méfié des gadgets censément novateurs, qui veulent changer notre vie et nos habitudes alors que le plus souvent, tout va très bien et on n’a rien demandé. Sauf que là, j’avoue…

Au lieu de vous expliquer en long et en large la technologie, je vous dirige vers ce site qui explique de quoi il s’agit. En gros, le filtre au charbon ralentit le processus d’oxydation ainsi que la production d’acide acétique. L’affirmation contenue dans la brochure publicitaire est cependant un peu curieuse, dans la mesure où un vin oxydé ne sent pas toujours le vinaigre, il est plutôt souvent grevé par un manque flagrant de fruit tant au nez qu’en bouche, il sent et goûte les légumes cuits, défraîchis.

AntiOx

Le bouchon AntiOx est équipé d’une bague coulissante qui permet de se souvenir de la date à laquelle on a conditionné la bouteille.

Mais peu importe. J’ai testé le bouchon sur divers vins, durant plusieurs jours, et les résultats sont dans l’ensemble probants.

Des tests concluants

Voici quelques extraits tirés de mon carnet d’expériences :

Sept jours sur une bouteille entamée aux deux tiers de Beaujolais L’Ancien 2013 Jean-Paul Brun : le vin, au final, est même meilleur qu’à l’ouverture, il a gagné du coffre, du gras aussi un peu, tout en demeurant bien nerveux.

Cinq jours sur une bouteille du par ailleurs très bon Lirac Château Mont-Redon 2012 : vin encore très en forme. Puis j’ai poursuivi l’expérience durant deux autres jours, avec une bouteille maintenant entamée aux trois quarts. Au total, après une semaine, léger déclin, moins d’éclat. Mais il faut savoir que la bouteille a été débouchée et rebouchée à trois reprises durant ce laps de temps. Performance plus qu’honorable, donc.

Une semaine avec un Château de Cruzeau rouge 2011 : encore en forme et lui aussi meilleur qu’à l’ouverture — preuve que l’aération se poursuit, que le vin s’ouvre quand même sous atmosphère « AntiOx ».

Moins de succès, par contre, avec un Château Belgrave 2009 aux trois quarts entamés qui, après 10 jours (le délai maximal de conservation, selon le fabricant), était à peine buvable et surtout piqué, franchement vinaigré cette fois-là. Mais bon, 10 jours avec seulement un fond dans la bouteille, ç’aurait été tout un exploit.

Je n’ai pas essayé avec des blancs. On peut toutefois présumer, comme l’avait montré un match comparatif que nous avions mené au magazine Cellier première manière, en 2008, que les vins blancs se tireraient aussi bien voire encore mieux d’affaire. (En passant, le test en question avait révélé que le meilleur moyen de conserver un vin entamé, c’est de le… congeler.)

Résultat des courses : moi qui ne jurais que par le système à pompe pour enlever l’air d’une bouteille entamée, je suis devenu AntiOx.

Seul bémol : le prix, environ 20 $ pièce. Mais si l’efficacité promise durant deux ou trois ans se vérifie, on fait tout de même une bonne affaire.

À boire, aubergiste !

Janvier étant assez bien entamé, j’ose présumer que vous avez pu vous refaire une santé. Moins de bouffe, plus d’exercice, mais toujours autant de vin, voilà qui est sage, il ne faut surtout pas couper dans ce poste-là, n’en déplaise aux ayatollahs.

Voici donc une série de bons vins que j’ai goûtés récemment. Des vins, j’aime à le croire, que vous boirez jusqu’à la dernière goutte ou presque, si bien que personne n’aura à se préoccuper d’éventuels restants.

Isabelle et Denis Pommier Chablis 2011 Les Vins de Vienne Crozes Hermitage 2012 Marc Brédif Vouvray 2013 Les Vins de Vienne Crozes Hermitage 2012 Bodegas R. López De Heredia Vina Tondonia Reserva 2002

En blanc sec, le Chablis Isabelle et Denis Pommier 2011 est vif et minéral, avec une agréable pointe saline en finale. Plus corsé celui-là, et surtout provenant du Rhône, le Crozes-Hermitage blanc Les Vins de Vienne 2012 est à la fois riche et très bien soutenu par son acidité ; un peu cher, à 34 $, mais vraiment très bon. En moins sec et même un brin sucré, le Vouvray Marc Brédif 2013 est pur fruit et pur plaisir, très rafraîchissant.

Du côté des rouges, on commence par la Toscane avec un Capezzana Barco Reale 2012 serré et texturé, très passe-partout à table et surtout vendu moins de 20 $. On retourne dans le Rhône Nord avec le Crozes-Hermitage rouge Les Vins de Vienne 2012, bourré de fruit et tout en fraîcheur, très digeste. Descente vers l’Espagne et retour en arrière dans le temps de 10 ans avec l’excellent Vina Tondonia Reserva 2002, qui vaut chacun des 47,75 $ qu’on en demande. La classe, tout en retenue, sans rien jeter in your face, comme on dit.

J. & M. Lehmann Poire Williams Grande Réserve Clos Saragnat Avalanche 2011Le dessert maintenant, pour la fin. D’abord l’excellent Cidre de glace Avalanche 2011 Clos Saragnat de Christian Barthomeuf, qui transforme en or quasi tout ce qu’il touche.

Puis, une rareté, disponible seulement aux SAQ Signature, la Poire Williams Grande Réserve Lehmann. Une eau-de-vie de méditation, chaleureuse et enveloppante, qui donne presque envie que le vortex polaire se réinstalle parmi nous pour qu’on puisse la siroter à volonté, sans se sentir coupable…

Santé !

Marc

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